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L’ordinateur de la Google Car obtient son permis de conduire

C’est un bouleversement majeur pour le secteur automobile. L’agence américaine de sécurité des transports a officiellement qualifié de "conducteur" l’ordinateur de bord des voitures autonomes Google.

La National Highway Traffic Safety Administration (NHTSA), l’agence américaine de sécurité des transports, a jeudi 4 février officiellement avisé Google que l’intelligence artificielle de ses véhicules pourra désormais être considérée comme un "conducteur".

"Dans le contexte du véhicule motorisé décrit par Google, la NHTSA considérera que le terme ‘conducteur’ fait référence au système de conduite autonome, et non à un des occupants du véhicule", écrit l’agence.
En une phrase, la NHTSA révolutionne plus l’automobile qu’un siècle d’évolution du secteur.


Des cartes rebattues entre Google et constructeurs

"C’est un sacré coup d’accélérateur de l’Histoire, tout peut aller très vite, souligne Guillaume Crunelle, associé en charge de l’automobile chez Deloitte. Google vient ici de gagner une bataille dans la course vers le véhicule autonome, car le document de la NHTSA ne parle pas de 'Google car', mais du 'système de conduite autonome de Google'. Et ce système pourrait être implémenté dans bien d’autres véhicules que les Google Car".

Dans la course que se livrent les géants de l'automobile et les champions de la high tech, le dilemme est désormais simple. Chaque acteur doit-il continuer à développer son propre système ou intégrer un système qui a fait ses preuves pour être le premier à sortir des véhicules 100% autonome? Reconnu comme conducteur, le système de Google est clairement présenté comme le plus en avance. "La NHTSA évoque le système de Google, aucun autre système", insiste Guillaume Crunelle.

L’avance technologique de Google validée

La stratégie de Google (miser sur l’intelligence artificielle avant de miser sur le véhicule lui-même pour développer une voiture autonome) est clairement validée. Ces deux dernières années, la maison de Mountain View a racheté des entreprises de la robotique, dont DeepMine. Son intelligence artificielle a tout simplement battu en janvier le champion d’Europe de Go. C’est ce type de logiciel qui sert de cerveau à son véhicule autonome. Chaque mois, les voitures tests de Google parcourent entre 50 et 65.000 kilomètres au Texas et en Californie, essentiellement dans des environnements urbains et périurbains, les plus complexes à gérer.

Entre 2014 et 2015, la société californienne a multiplié par cinq le nombre de kilomètres parcourus sans reprise en main du véhicule par un être humain. En 2015, tous les 4300 kilomètres ! "Google dispose d’un simulateur dans lequel il entre les données de chaque incident et rejoue la scène pour éviter la reprise en main, précise Franck Cazenave, auteur du livre Stop Google. Le géant de l'internet modifie ensuite les algorithmes de son système de conduite autonome pour le rendre plus efficace".

Le système apprend donc en permanence de ses erreurs et des nouvelles situations. Cette déclaration peut rassurer les assureurs. Certes, Google devra encore multiplier le nombre de kilomètres parcourus sans reprise en main pour atteindre les standards de sécurité de l’industrie automobile. Mais en publiant chaque mois des statistiques sur ces travaux, Google offre aux actuaires de l'assurance une base tangible pour calculer le risque, et donc les primes payées par les automobilistes.

Cette déclaration peut rapidement faire évoluer la législation. Ces données ont aussi convaincu les autorités. Le courrier de la NHTSA du 04 février répond en effet à une première lettre envoyée par Google à l’agence le 12 novembre 2015, présentant une description des caractéristiques de sa voiture autonome. Cette première lettre soulève des questions sur les obligations légales que doivent remplir les véhicules automobiles et sur leur homologation. "Google ne veut pas aller vers le véhicule autonome par étape, il veut directement créer ce que j’appelle une ‘robomobile’, un véhicule qui pourra transporter n’importe qui, sans besoin d’un quelconque permis, grâce une intelligence artificielle, rappelle Franck Cazenave.

Si la NHTSA a pris cette position, c’est que Google, dans ses discussions directes avec les autorités, a déjà fourni des documents probants. La NHTSA a toutefois demandé des pièces complémentaires". Le concept de la robomobile peut peser sur la réglementation américaine au grand dam des constructeurs. "Les Etats-Unis n’ont pas signé la Convention de Vienne de 1968 comme les Européens, ils peuvent donc faire évoluer quand ils veulent leur réglementation, rappelle Franck Cazenave. Or, en janvier, Barack Obama a déclaré vouloir une réglementation fédérale sur le véhicule autonome". L’arrivée des voitures autonomes sur la route pourrait donc être bien plus rapide que prévu.