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Les moniteurs d’auto-école en entendent de belles

Pour être moniteur il faut énormément de patience.
Le passage du permis de conduire fait partie des grandes étapes de la vie. Qu’on soit un as du volant ou une catastrophe ambulante, on peut difficilement y échapper. Franck Perriard est l’un de ces moniteurs dévoués et passionnés qui poussent leurs élèves à y arriver en toute sécurité. Après une vingtaine d’années passées sur le siège passager, il revient avec un humour teinté de nostalgie sur le chemin parcouru.

Vous avez compilé plus de 200 anecdotes dans votre livre. Comment avez-vous fait ? Vous aviez un carnet dans la boîte à gants ?

Karine [Karine Vidonne, coauteur du livre avec Didier Angheben, NdlR] a pris l’habitude de les noter au fur et à mesure. Moi, je les gardais dans un coin de ma tête. On est tous les trois amis, eux travaillent en France dans la région de l’Isère, entre Grenoble et Lyon. Quand on se voit, nos discussions dévient immanquablement sur ce sujet. Un jour, Karine a eu l’idée d’en faire un bouquin. Alors on a rassemblé tous nos souvenirs et toutes les petites notes que l’on avait à gauche à droite. On a récolté les anecdotes d’autres collègues aussi.


Comment devient-on moniteur d’auto-école ?

Au départ, j’avais une grande passion pour la moto et j’ai cherché à faire un métier en liaison avec la moto, être moniteur d’auto-école offre cette possibilité. J’ai commencé ce travail en 1993. J’ai exercé 20 ans en France et maintenant je suis moniteur en Suisse. Et ça fait 23 ans que ça dure !

C’est un métier de passionné. Il faut aimer les relations sociales et être très pédagogue. C’est un métier exigeant qui peut être très fatigant nerveusement. On passe huit ou dix heures d’affilée à former des gens de niveaux différents. On doit s’adapter en permanence. En plus, on est en situation difficile puisque l’on est tout le temps sur la route. Si on n’aime pas ce travail, on ne tient jamais très longtemps.

La patience est donc indispensable pour être moniteur d’auto-école…

Même si l’élève a beaucoup de difficultés, notre travail est de le faire aboutir au permis de conduire. Le permis est très important, surtout de nos jours. Il faut toujours trouver des nouvelles méthodes en fonction des élèves. Une voiture, c’est une voiture. Mais les élèves abordent les choses de façon très différente. Il faut être effectivement très patient sur plusieurs mois et plusieurs heures de conduite.

Quel est votre meilleur souvenir de moniteur ?

Il y a plusieurs choses qui marquent. Quand les élèves obtiennent le permis, c’est une vraie fête parce que c’est aussi une récompense pour nous ! Souvent les élèves tiennent vraiment à avoir ce permis car ils en ont besoin. Parfois, c’est difficile, car ils partent de zéro, mais on arrive toujours à aller au bout. Et des souvenirs comme cela, j’en ai plein ! Une autre chose est très plaisante dans notre métier, ce sont les gens qui nous reconnaissent dans la rue, même quinze ans après.

Un peu comme les instituteurs et les professeurs…

Oui, c’est pareil ! On leur apprend quelque chose qui est très important pour eux et qui leur reste toute leur vie après…


Parmi les 200 anecdotes de votre livre, laquelle est votre préférée ?

Mon anecdote préférée est arrivée à mon collègue Didier. Elle est simple : un élève à qui on demande dans quelle condition il faut vérifier la pression des pneus et qui nous répond « à l’arrêt »... C’est dit de façon tellement évidente et spontanée qu’elle résume tout. Il y en a plus de 200 dans le livre et encore maintenant quand je le lis, je ris à chaque fois !

Vous êtes-vous senti découragé face à un cas désespéré ?

Je pense à une anecdote du livre. Une élève arrive à un feu rouge et elle me demande si elle doit s’arrêter ! Je me rappelle que cette élève avait beaucoup de difficultés car ce n’était pas du tout son truc, la conduite. Pourtant, elle avait vraiment besoin de son permis. Et quand au bout de plusieurs leçons de conduite, elle me pose ce genre de questions, c’est un peu décourageant. Mais avec le temps, on a réussi. Je me souviens très bien d’elle, c’était il y a dix ans et ça a été une grande satisfaction de la voir au volant de sa voiture.

Quel est le plus gros record de permis ratés par une même personne ?

En principe au bout de cinq passages ratés, l’élève doit tout recommencer. Je me rappelle une personne qui l’a passé huit fois. Sachant qu’il y a un minimum de 20 heures, j’ai déjà vu quelqu’un arriver à une bonne centaine d’heures. Ce sont des records pas forcément marrants…

Le grand classique, c’est de prendre un sens interdit. Sinon ce sont des gros refus de priorité, un feu rouge grillé… Pendant l’examen, on est toujours à l’arrière et cela rassure souvent nos élèves. On détend l’atmosphère car on s’entend souvent bien avec l’inspecteur. On a tellement envie que notre élève ait le permis qu’on a des expressions sur le visage que l’élève doit sûrement percevoir s’il fait une bourde.


Votre plus grosse frayeur vécue sur le siège passager ?

On aurait de quoi faire un deuxième livre ! Heureusement que l’on a des doubles commandes. Je n’en ai pas une en particulier. Le plus souvent, ce sont des élèves qui ne voient pas un stop ou alors qui s’engagent dans un rond-point alors qu’il y a un camion monstrueux qui arrive sur la gauche. Et que l’on est obligé de sauter sur le frein pour arrêter la voiture. Avec le temps, on a l’habitude et on anticipe beaucoup plus.

Pensez-vous qu’il est devenu plus difficile d’obtenir le permis de conduire ?

Aujourd’hui, pour s’insérer socialement, le permis est indispensable. Surtout si on habite à la campagne, il faut le permis pour aller travailler. Moi j’ai passé le permis par plaisir. En tant que moniteur, on aime déjà beaucoup conduire. Maintenant c’est devenu une obligation. Les jeunes comprennent mieux la partie théorique qu’avant mais ils ont plus de difficultés avec la mécanique.

La base du code de la route n’a véritablement pas bougé depuis 50 ans. En revanche, les contrôles se sont durcis. Il y a beaucoup plus de radars. C’est l’état d’esprit qui a changé. Les gens viennent prendre des cours comme si le permis était un dû et non par passion. Il faut leur donner goût à la conduite pour qu’ils conduisent correctement. Avec les belles voitures que l’on a maintenant, conduire c’est agréable.

Entre nous, est-ce que vous respectez vraiment le code la route ? Vos mains sont toujours à dix heures dix ?

Si je n’ai pas les mains à dix heures dix, ma compagne me dispute. Elle se venge car quand elle conduit, je suis parfois pénible, je lui dis « tu vas trop vite » ou alors « tu conduis trop à gauche ». On ne peut pas prétendre apprendre aux autres ce qu’on ne fait pas soi-même. En tant que moniteur, on respecte les règles parce qu’on les connaît. J’ai eu mon permis du premier coup et depuis j’ai développé des automatismes. Cependant, j’ai connu des moniteurs qui conduisaient très mal en dehors de l’auto-école.

 

Des anecdotes comme ce n’est pas permis !
« Pour freiner, je suis obligé d’arrêter d’accélérer ? » Des perles comme celles-là, Karine Vidonne, Franck Perriard et Didier Angheben, en entendent tous les jours dans l’habitacle de la voiture. Dans Les petites âneries du permis de conduire, les trois moniteurs d’auto-école ont compilé avec tendresse les anecdotes les plus drôles de leurs élèves. Attachez votre ceinture !


Démarrer - S’arrêter - Se garer

« - Si je fais un démarrage en trop forte montée, est-ce que la voiture peut se retourner ? »

« L’élève : Pourquoi je n’avance pas ? J’ai pourtant bien enlevé le frein à main…

Le moniteur : - Essaie de mettre le moteur en marche, pour voir. »


Quand les pédales s’emmêlent

« - Est-ce que les limitations de vitesse sont valables aussi pour la marche arrière ? »

« Une élève qui roule en sous régime est très inquiète : Je crois que j’ai cassé la voiture… J’ai beau accélérer, elle n’avance plus… »

« Combien de rapports avez-vous, Mademoiselle ? La jeune femme s’empourpre, hésite, avant de répondre : Je dirais, trois fois par semaine environ… »


Contrôle technique

« L’inspecteur questionne le candidat lors de l’examen du permis de conduire :

– Que vous indique un voyant de couleur bleu ?

– Cela montre qu’il fait froid.

– Ah, d’accord… et donc par conséquent un voyant de couleur rouge ?

– Qu’il fait chaud ! »

« L’élève doit vérifier l’état des essuie-glaces. Il s’y emploie avec difficultés. Et pour cause : il n’a pas coupé le contact et les essuie-glaces fonctionnent encore. »

« Quelles sont les précautions à prendre pour compléter le niveau de liquide de refroidissement ?

L’élève répond sans hésiter : Il faut être à jeun. »

Au volant le problème, c’est les autres

« Le moniteur rappelle à l’élève qu’il doit laisser traverser les piétons.

– Je dois m’arrêter à chaque fois, ou c’est juste parce que celles-ci sont mignonnes ? »

« À la fin d’un long voyage école en camion, le formateur demande à son apprenti de lui donner ses premières impressions.

Celui-ci constate en grimaçant : Eh bien, ça fait surtout mal aux fesses ! »

« Un élève s’énerve au volant : Je veux bien me retourner pour regarder derrière quand je recule mais je ne vois plus ce qu’il se passe devant. Il faudrait mettre un rétroviseur à l’arrière pour voir ce qu’il se passe devant quand on recule ! »

En voiture Einstein !

« Le moniteur, qui va laisser partir son élève en conduite accompagnée, lui donne quelques dernières informations : Tu pourras conduire dans toute la France, mais pas à l’étranger.

L’élève ne tarde pas à montrer sa déception : Ah d’accord. Dommage, cet été on va en Bretagne, donc je ne pourrai pas conduire… »

« Un élève fait part de ses interrogations à son moniteur : Si je roule avec deux roues sur la bande cyclable, suis-je considéré comme un vélo ? »

« Un moniteur, au bord de la crise de nerfs : Pourquoi n’utilises-tu pas tes clignotants ?

L’élève, stoïque et sûr de lui : Afin de ne pas user les petites ampoules, Monsieur. »

Dur dur d’être moniteur

« Une élève flatte son moniteur : Tu as une jolie voix. Le GPS de mon père a la même. »

« Avant de commencer son heure de conduite, une élève nargue son moniteur : Je suis bourrée mais toi tu ne peux pas me faire souffler ! »

« Un moniteur montre comment vérifier les niveaux à son élève puis lui demande si elle a une remarque à faire, ce qu’elle fait du tac-au-tac : Punaise ! Moniteur c’est comme gynécologue, il ne faut pas avoir peur d’y mettre les mains ! »

Quand les mots dérapent

« Zut, j’ai oublié de contrôler l’angle noir ! »

« Au permis de conduire, une jeune candidate vérifie l’état du pare-brise : Je vérifie qu’il n’y ait pas d’impact, ni de fellation. »

« Un moniteur rappelle à son élève un élément important de la conduite : Quand le moteur est en sous-régime il faut rétro-draguer. »


Le jour J : l’examen

« Si j’ai envie de faire pipi pendant l’examen, je peux demander à l’inspecteur s’il est possible de s’arrêter ? »


« Une élève qui a l’habitude de venir aux leçons de conduite en tenue légère demande à son moniteur : Je dois m’habiller comment pour l’examen du permis ?

Il lui répond du tac-au-tac : Déjà, tu t’habilles… »

« Une élève à sa monitrice : Et sinon, à part ça, tu fais quoi comme métier ? »