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Marseille : filière turque cherche permis facile à acheter pour 1 000 euros

Il y a un marché pour tout. Et au pays de l'occulte, il en est toujours pour imaginer et négocier ensuite.Des amendes et des peines assorties pour partie du sursis ont été requises, hier, contre les fraudeurs au permis.

Il y a un marché pour tout. Et au pays de l'occulte, il en est toujours pour imaginer et négocier ensuite. Maxime Ciccia, 54 ans, qui n'a pas fait l'honneur à ses juges de venir s'expliquer, avait trouvé une petite combine pour arrondir les fins de mois. Secrétaire dans une auto-école des Olives (13e), il proposait contre 1 000 euros des "facilités" - joli euphémisme - pour l'obtention de l'examen du code du permis de conduire.

Les Turcs et les Kurdes de Marseille avaient fini par le savoir, qui rencontraient de lourdes difficultés dans l'apprentissage du français. Dans un bar de loa Rose (13e), la rumeur avait enflé pour se faire aussi grosse que le boeuf. "Vous venez chez moi et je vous fais passer le code en un mois", promettait Maxime à ses clients, avec l'assurance des meilleurs conducteurs. Ensuite, grâce à un jeu d'étiquettes, qui a néanmoins préjudicié lourdement à quelques-uns - ils avaient, eux, obtenu leur code le plus normalement du monde -, Maxime donnait l'examen à ses "clients" d'un genre très corrupteur. Seulement voilà, comme d'ordinaire, c'est un grain de sable qui a fait vaciller la belle machine.

En avril 2012, un rapport d'inspection a permis d'établir l'existence d'anomalies. En principe, le candidat au permis se voit attribuer, en guise de code pour le code, les trois premières lettres de son nom, suivies des trois derniers chiffres de son futur permis. Il fallait le savoir. Ainsi est tombé le petit réseau. Yilmaz Aydin, Izzet Taskesen et Nazim Onguc, les trois corrupteurs présumés, les seuls présents hier à la barre du tribunal, ont raconté comment ils avaient fait connaissance du complice présumé, un gérant de bar, Cemil Kucin, aux allures d'intermédiaire.

Interrogé, Maxime Ciccia, lui, n'a pas fait de difficulté pour reconnaître les faits. Contre lui, le procureur Jean-Luc Blachon a requis hier 18 mois de prison, dont 8 avec sursis, et une amende de 5 000 €. Contre le "rabatteur" Kucin, 15 mois, dont 6 avec sursis, et 2 000 € d'amende. Contre les corrupteurs, 12 mois, dont 8 avec sursis, et 500 € d'amende. En défense, Me Lionel Febbraro ne s'est pas privé de dire que "l'immigration est une manne", sur laquelle prospèrent quelques malins."Tous les ans, il y a des dossiers de corruption à la préfecture !" La nature a effectivement horreur du vide et la nature humaine à peine plus. Jugement le 7 mai.