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Passer à 80 km/h = 100.000 chômeurs de plus ? "C'était une connerie"

Le lobby des conducteurs, invité au Sénat, s'est essayé à des calculs hasardeux, alors que les autorités envisagent d'abaisser à 80 km/ la vitesse sur les routes secondaires.

Le gouvernement a déjà appliqué cette mesure au périphérique parisien où la vitesse maximale autorisée est passée de 80 à 70 km/h. (PFG/SIPA). Le gouvernement a déjà appliqué cette mesure au périphérique parisien où la vitesse maximale autorisée est passée de 80 à 70 km/h. (PFG/SIPA)

"Réduire la vitesse de 10 km/h créerait 100.000 chômeurs de plus" a lancé tout de go ce mardi 22 avril Bernard Beauzamy, recueillant les applaudissements des participants d'un colloque organisé par la Ligue de défense des conducteurs au Sénat, alors que le Conseil national de la sécurité routière va examiner en mai la baisse de la vitesse autorisée à 80 km/h sur les routes secondaires (90 km/h actuellement).

Contacté par "Le Nouvel Observateur",  le polytechnicien et PDG de la "Société de calcul mathématique" éclate de rire :

" Non, non, c'était une boutade, une connerie. Il n'est pas possible d'avoir un lien aussi précis, j'ai voulu me moquer d'eux. En revanche, il est évident qu'il y a un lien théorique entre la perte de productivité d'une entreprise et le temps perdu par ses salariés sur la route."

Bernard Beauzamy, est le co-auteur d'une "analyse critique des études sur les vitesses utilisées par la Sécurité routière". Il assure que les études actuelles en matière de sécurité routière n'ont "aucun fondement scientifique" mais sont "pourtant à la base de décisions politiques". Bien conscient du fait que "le chômage est multifactoriel", il accuse la réduction de la vitesse sur les routes d'y "contribuer de manière directe et indirecte".

D'autres chiffres, d'autres "boutades" ?

Pierre Calvin, président de l'Association technique route et infrastructures, a pour sa part insisté sur le "rôle capital du dessin des routes, des marquages au sol, des glissières de sécurité et de l'adhérence des revêtements dans l'amélioration de la sécurité routière. Et a avancé d'autres chiffres de comparaison : 

" La route rapporte 37 milliards d'euros par an à l'Etat, notamment par les taxes sur les carburants, mais il ne dépense que 17 milliards pour la route".

Enfin, l'économiste Rémy Prud'homme, ancien professeur à l'Institut d'urbanisme de Paris a voulu mettre en balance les avantages (moins de morts et de blessés) et les coûts (économiques) des limitations de vitesse. Hors autoroutes (130 km/h), une baisse systématique de la vitesse sur les routes limitées à 110 km/h, à 90 km/h ou à 50 km/h (agglomérations) aurait un effet négatif.

Pour lui, une limitation généralisée à 30 km/h de la vitesse dans les agglomérations où circulent plus de la moitié du total des véhicules, ferait économiser 300 millions d'euros (coûts liés aux morts et aux blessés en moins) mais coûterait "44 milliards d'euros pour le temps perdu par les automobilistes". Mettre dans la même équation le nombre de morts et les embouteillages, un calcul judicieux ? 

Le passage à 80 km/h épargnerait 450 vies

Selon le Conseil national de la sécurité routière (CNSR), la réduction de la vitesse à 80km/h sur les routes secondaires permettrait entre autres d'épargner 450 vies. Le 16 mai, il donnera un avis consultatif sur des recommandations pour réduire le nombre d'accidents de la route parmi lesquelles figurera la réduction de la vitesse maximale autorisée.

Il reviendra ensuite au Comité interministériel de la sécurité routière (CRIS) de suivre ou non cette proposition, qui serait ensuite appliquée ou non par le gouvernement.