Déjà plus de 3 855 élèves ont fait confiance à nos écoles du Val de marne.
Agence de St Maur / Créteil 09 82 56 54 55
Agence de Nogent RER 09 83 51 52 62

Permis de conduire : le passer en ligne ? Mauvaise idée pour la sécurité routière

LE PLUS. Pourra-t-on bientôt passer son permis sans avoir à se rendre à l'auto-école ? C'est ce qui inquiète aujourd'hui les entreprises qui forment les futurs conducteurs. En effet, certains prestataires voudraient créer des auto-écoles en ligne avec des formateurs indépendants. Ils n'ont pour autant pas obtenu l'agrément pour le moment. Vincent Lamkin s'alarme de cette possibilité.

Depuis quelques mois, nombreux sont les plaidoyers – manifestement intéressés et bien orchestrés – qui font du "permis en ligne" l’alpha et l’oméga d’une possible réforme visant à simplifier la formation à la conduite et à en diminuer le coût.

Les premières auto-écoles en ligne sans locaux – mais dépourvues d’agrément ! –,  ont été ces derniers temps le fer de lance d’une campagne massive visant à désinformer les Français sur les réalités de la formation à la conduite dans notre pays.

Il faut créer des places d'examen

Espérant une dérégulation du marché des auto-écoles, des acteurs du web usent opportunément d’un argument simple mais erroné pour prétendre baisser les coûts de la formation : la dématérialisation de la relation par internet et donc l’économie des locaux.

Faux pour 2 raisons simples :

D’une part, le ministre de l’Intérieur lui-même a reconnu que ce sont les délais d’attente entre la formation et le passage de l’examen qui génèrent l’essentiel du surcoût. En créant 300.000 places supplémentaires d’examen d’ici à la fin 2015, le gouvernement entend diminuer de moitié les délais de passage (de 98 jours à 45) et permettre une économie moyenne de 600 euros pour chaque candidat. 

D’autre part, les locaux ne pèsent en moyenne que 6% dans les charges des auto-écoles traditionnelles. 

L’oligopole n’est pas le marché ouvert des auto-écoles 

Aujourd’hui, il existe plus de 10.000 entreprises d’auto-écoles pour 12.000 établissements. Un marché ouvert et concurrentiel, où 96% des entreprises sont des petites structures dont les marges n’excèdent pas 3%, réparties sur l’ensemble du territoire hexagonal et assurant un accès égal à la formation.

Ce que cache la dématérialisation, c’est une concentration sans précédent de l’offre. Il s’agit bien de deux modèles qui s’opposent : l’un favorise une pluralité d’acteurs de proximité, concurrents, et présents à l’échelle des territoires. L’autre prétend rassembler sous une seule bannière des milliers de travailleurs indépendants. Précisément la logique monopolistique que les pro-"permis en ligne" affirment dénoncer.

Les investisseurs financiers qui soutiennent le développement de ces opérateurs encore virtuels ne s’y sont pas trompés. On est d’ailleurs en droit de s’interroger sur les raisons qui conduisent ces entreprises à taire l’identité de leurs actionnaires !

Un danger de destruction des emplois salariés

Et pour faire moins cher, les auto-écoles en ligne avancent une recette très simple : précariser les moniteurs. Dans le modèle en ligne, la voiture appartient au moniteur qui doit prendre en charge sa location, son entretien, l’assurance et en assurer l’entière responsabilité ! Plus de responsabilités, alors même que leurs conditions de travail se précarisent…

À la clef ? Une explosion des moniteurs auto-entrepreneurs, une pression à la baisse sur les salaires et une fragilisation progressive de la formation.

Un discours dangereux et démagogique sur le prix

Le plus alarmant avec ce modèle est sans doute son obsession économique au détriment de l’encadrement et de la formation des apprentis, lesquels exigent un suivi expert et constant par une équipe pédagogique stable et expérimentée.

Au-delà de poser des questions en termes d’apprentissage et de mise en condition de réussite des élèves pour leur examen, ce système risque de fragiliser les conditions d’une conscientisation progressive et durable des enjeux de prévention routière.

Un modèle qui risquerait donc, s’il était développé, de brader un volet majeur de la formation des personnes prenant la route. Alors même qu’il s’agit d’un levier essentiel des progrès réalisés ces dernières années en matière de sécurité routière.